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Full text of "Etude de céramique Arveno-Romaine"

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ÉTUDE 



DE 



CÉRAMIQUE ARVERNO-ROMAINE 



Le Docteur A.-E. PLICQUE 

«ajioîïAL DES ANTIQUAIRES DE FRANPF 
ASSOCIK CORRESPONDANT HIC l,A DIANA, ETC. 



INSP 




CAEN 



IMPRIMERIE HENRI DELESQUES 
ur d e F. Le Blan 

BUE FROIDK , 2 tT { 



Successeur de F. Le Blanc-Hardel 



1887 



ÉTUDE 

DE 1579 

CÉRAMIQUE ARVERNO-ROMAINE 

PAR 

Le Docteur A.-E. PLICQUE 

INSPECTEUR DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE POUR LA CONSERVATION 
ET LA DESCRIPTION DES MONUMENTS HISTORIQUES, DANS LE PUY-DE-DÔME 
MEMBRE TITULAIRE DE L' ACADÉMIE DE CLERMONT-FERRAND 
ASSOCIÉ CORRESPONDANT NATIONAL DES ANTIQUAIRES DE FRANCE 
ASSOCIÉ CORRESPONDANT DE LA DIANA, ETC. 




(a D(#jînorç«u<rçs a non droie 
[gu i RMifflet hiv^n^n^ <t\ois 



CAEN 

IMPRIMERIE HENRI DELESQUES 
Successeur de F. Le Blanc - H ard el 

RUE FROIDE , L 2 ET 4 



'188? 



Extrait du dompte-rendu du Congrès archéologique de France 
SESSION DE 1885, A MONTBRISON 



GIFT OF 
GODFBEY MICHAEL HYAM8, 
JULY 10, 1899. 

A . 



ÉTUDE 

DE 

CÉRAMIQUE ARYERNO -ROMAINE 



La description de notre monde céramique arverno- 
romain ne sera pas contenue tout entière en ces quel- 
ques pages, et je ne saurais actuellement l'entreprendre. 
Mais il m'a semblé qu'un exposé sommaire de ce grand 
effort industriel et; une classification générale de ses 
produits, donneraient une idée suffisante des œuvres de 
nos potiers , et aideraient au loin a les faire reconnaître. 
Les archéologues, qui recherchent des documents dans 
les fouilles , ne doivent-ils pas souhaiter avant tout de 
savoir déterminer les plus humbles fragments de po- 
terie ? On n'ignore pas que parmi les vestiges datant de 
l'occupation romaine, on trouve sans cesse des parcelles 
minuscules que l'on néglige trop souvent, parce qu'on 
dédaigne de les interroger. Les explorateurs ont intérêt 
à les distinguer autant que les géologues, qui s'efforcent 
de caractériser les espèces fossiles , lorsqu'ils veulent 
définir un terrain. Ils posséderaient ainsi des repères 



chronologiques d'une précision suffisante, et bien supé- 
rieure , dans tous les cas, à ceux que peuvent leur 
fournir les monnaies , trop souvent absentes. La vais- 
selle d'usage domestique ne dure pas très longtemps. 
Elle ne survit guère à celui qui l'utilise , et la date de sa 
naissance ne s'éloigne que fort peu de celle où elle fut 
rejetée aux débris. Souvent aussi les monnaies nous 
trompent, avec leur circulation précoce, retardée, pro- 
longée, et les mille causes d'incertitude qui les accom- 
pagnent , leur enlèvent la valeur déterminante que 
fournissent, au contraire, avec précision, les moindres 
et nombreux tessons d'origine certaine. 

Les poteries romaines du pays Arvernc offrent encore 
un attrait tout particulier pour l'étude: leur physionomie 
artistique, qui nous attire, tranche d'une manière écla- 
tante sur l'apparence grossière de la vaisselle indigène 
qui les a précédées et suivies. Quoi qu'il en doive coûter 
à notre amour-propre, sachons reconnaître que les 
ustensiles en terre des Arvernes ne supportent aucune 
comparaison avec nos précieux vestiges, et n'ont d'autre 
mérite que de rares et lointaines réminiscences grecques. 
La savante industrie des potiers n'était pas née sur notre 
sol et n'était pas l'œuvre de ses habitants : elle émanait 
de l'Orient. Pendant qu'elle s'implante tout d'une pièce 
chez nous, et que dès l'origine elle brille d'un éclat 
incomparable, on voit à côté se reproduire ou plutôt 
se continuer les errements des ouvriers du pays, avec 
des modifications insignifiantes. Nous sommes donc 
induits à admettre que les Gaulois étaient sans doute 
émus et attirés par les beaux ouvrages de la plastique, 
mais que, livrés à leurs seules forces, ils restaient im- 
puissants à s'approprier et à faire revivre chez eux une 
tradition étrangère. 



Les flguli romains sont munis dès leur arrivée d'un 
outillage supérieur qui, la mode aidant, contribue à 
faire oublier leurs œuvres de ses prédécesseurs. Des pro- 
duits perfectionnés viendront aussi supplanter ceux-là, 
sans doute parce que, aux mains des barbares, tout 
décline et s'appauvrit, bien loin de s'améliorer. 

On devine déjà que lorsque les artistes cosmopolites 
suspendront leurs apports, notre industrie, qui ne vivait 
que d'emprunts extérieurs, devra périr. 

Malgré des recherches poursuivies sans relâche depuis 
plusieurs années, je dois désespérer de reconstituer 
dans toute sa splendeur le souvenir de notre métropole 
céramique. Trop de jalons ont disparu. Toutefois, les 
débris exhumés nous laissent entrevoir tout un inonde 
merveilleux qui confond à la fois notre ignorance et 
notre orgueil. 

C'est dans les déchets de la fabrication, parmi les 
pièces tarées ou brisées avant l'expédition, que gisent 
mes témoins. Ils sont innombrables, et cependant, du- 
rant les siècles écoulés, la culture, les chercheurs qui 
m'ont précédé, et mille autres causes, ont fait dispa- 
raître le plus grand nombre. Naguère encore, on se 
servait de ces tessons, récoltés quelquefois au râteau à 
la surface du sol, pour empierrer les chemins, faire 
des bétons ou combler des fossés de drainage. Je sais 
des chaussées romaines démolies parce qu'elles étaient 
plus rapprochées que la carrière de moellons. C'est 
miracle qu'il subsiste quelque chose d'antique dans ce 
pays, où la pierre et le gravier font défaut. Cependant 
à Lezoux et dans son voisinage immédiat, sur deux 
cents hectares au moins, le sol arable est pour ainsi 
dire pétri d'une poussière de terre cuite. De nos jours, 
dans <l<*s fabriques de poteries plus fragiles, on accorde 



- 6 — 



en décompte aux ouvriers trois pour cent de casse. 
A ce taux, les anciennes pièces brisées correspondraient 
à un total cinquante fois plus considérable. 

Voilà ce qui frappe le plus lorsqu'on visite nos gise- 
ments ; et il est établi tout d'abord et sans discussion 
pour l'observateur, que les potiers ont surtout fabriqué 
par quantités énormes, en vue de l'exportation, puisque 
le pays n'aurait jamais pu consommer la quantité pro- 
duite. 

Commencées en 1879, les fouilles m'ont procuré, 
outre des poteries entières et des fragments innom- 
brables, environ trois mille noms de potiers différents, 
inscrits sur plus de quinze mille estampilles. J'ai re- 
trouvé dans le sol les substructions plus ou moins bien 
conservées de cent soixante fours de potiers, dont qua- 
rante dans un état de conservation relatif, qui m'a 
permis d'en relever le plan, et j'ai constaté dans la ville, 
et dans un rayon de trois kilomètres, l'existence de 
soixante-dix grandes officines distinctes. Enfin, dans le 
reste du département, surtout au voisinage des grandes 
voies et des rivières navigables de Dore et d'Allier, j'ai 
noté ou reconnu vingt-trois autres groupes d'officines, 
pour la plupart inexplorées. 

J'ai rencontré des outils égarés , brisés par les ou- 
vriers, des restes de tour à potiers, des instruments de 
moulage , de préparation d'argile et de cuisson , des 
substructions de magasins, d'ateliers et d'habitations 
riches et pauvres ; j'ai retrouvé des poinçons qui ser- 
vaient à faire des moules, des verres, des bronzes, des 
monnaies, des inscriptions, et tout un monde de ren- 
seignements précieux. J'ai exploré , dans la campagne 
environnante, plusieurs villas et métairies romaines ; 
des puits ont été vidés, qui étaient de vrais musées, et 



j'ai fait en quelque sorte l'autopsie de près de deux 
cents sépultures. Notons que les tombeaux gallo- 
romains de Lezoux ont une physionomie spéciale , à 
cause de l'abondance extraordinaire de poteries qui les 
accompagnent. C'était le luxe des potiers , et je crois 
même qu'on faisait, à l'occasion des funérailles, une 
hécatombe de toute la vaisselle domestique. Le syn- 
chronisme des variétés céramiques m'a été révélé avec 
certitude par des tombes isolées. 

Tels sont les documents qui m'autorisent à établir 
une classification tenant compte des caractères spéci- 
fiques de nos terres cuites, sans négliger les rensei- 
gnements chronologiques. Le cadre dans lequel j'ai fait 
entrer la description des objets observés n'est point 
immuable. C'est un simple instrument d'étude, qui 
vaut ce que valent les classifications, et qui, je l'es- 
père , sera assez élastique pour admettre toutes les 
trouvailles futures. J'y ai mêlé quelques tableaux diffé- 
rentiels qui, en l'absence des objets eux-mêmes, accu- 
seront les ombres et les lumières et fixeront dans la 
mémoire les faits importants. Mais , avant d'exposer 
ma classification , je dois donner une idée succincte 
du développement chronologique de notre industrie 
céramique. 

Elle forme un ensemble très net, déjà puissamment 
organisé sur une vaste échelle au temps de Yespasien, 
et qui se prolonge sans interruption jusqu'en 268. Une 
date initiale précise m'a surtout été fournie par l'ex- 
ploration d'une petite nécropole isolée, de vingt sépul- 
tures par incinération. Elle m'a paru avoir été formée 
au même moment, et j'y ai recueilli plusieurs centaines 
de vases brisés ou intacts , appartenant à la même 
classe céramique. J'ai retrouvé ailleurs, en fabrique, 



- 8 — 



les contemporains analogues et identiques de ces vases, 
dans les couches les plus profondes de débris , à la 
surface des terrains non remaniés. Ce sont donc les 
poteries le plus anciennement fabriquées à Lezoux. 

Les urnes cinéraires étaient régulièrement groupées 
autour d'une urne plus grande, accompagnée d'un 
mobilier funéraire plus eomplet, et qui contenait, au 
milieu des ossements calcinés, un grand bronze à fleur 
de coin de Vespasien, remontant à l'an 70. Lés estam- 
pilles que j'ai relevées m'onl servi ensuite de terme 
de comparaison , et j'ai pu classer les figuli auxquels 
elles appartenaient parmi les fondateurs de nos pre- 
mières officines. Je ne risque donc pas de commettre 
une trop grave erreur en fixant à l'an 70 l'origine de 
notre métropole. 

J'ai recherché ensuite la date finale et l'heure de la 
destruction de Lezoux. J'ai fouillé attentivement plu- 
sieurs habitations qui avaient péri par l'incendie, à la 
même époque, puisque les restes de leur mobilier et 
de leurs poteries étaient les mêmes et appartenaient à 
la dernière période de la fabrication. 

Dans l'une d'elles, j'ai retrouvé, dispersées sur le 
pavé et au-dessous de la toiture effondrée , vingt-deux 
monnaies de bronze ou d'argent , dont les plus nom- 
breuses et les plus récentes reproduisaient le type de 
Gallien et de Salonine : 259-267. En rapportant à 268 
l'événement qui ruina Lezoux, je ne peux pas m'éloi- 
gner beaucoup de la réalité. 

Je n'avais plus qu'à constater l'ordre dans lequel les 
genres céramiques s'étaient succédé pendant cette pé- 
riode de deux siècles, et à retrouver des dates corres- 
pondant aux principaux types. Les centaines de fouilles 
que j'ai pratiquées ont répondu , chacune dans une 



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certaine mesure, à la première partie de ce programme. 
Aucune d'elles, par exemple, n'a démenti ces axiomes : 
« Les pâtes tendres ont précédé les pâtes dures. » — 
« On a cessé, à Lezoux, de fabriquer les poteries roses, 
blanches et noires , lorsque les poteries rouges ordi- 
naires se sont montrées. » Il est vraiment surprenant 
de retrouver partout et à de grandes distances le même 
ordre de superposition, les mêmes concordances spé- 
cifiques. Mes ouvriers ne s'y trompent pas. Il y en a 
qui savent distinguer entre elles les officines, les es- 
tampilles de potiers et les variétés de poteries. 

Connaissant les noms des chefs d'usine et celui des 
ouvriers qui leur font cortège, je me suis appliqué à 
classer ces groupes d'après la manière dont ils se sont 
succédé. Des dates précises m'en ont fourni d'autres 
approximatives. Ainsi, libertvs, le plus ancien fabri- 
cant de poteries rouges , a exercé son industrie de 
Trajan à Hadrien. Pendant le règne d'Hadrien, je note 
une importante officine anonyme succédant à libertvs, 
conduite par une sorte de syndicat , qui produit les 
belles pâtes orangées de la transition, albvcvs, senonvs, 
bvtrio sont à Lezoux, sous le règne d'Antonin le Pieux, 
à la tête des principales officines, pendant que vasilvs 
inaugure, aux Martres de Veyre, ses superbes fïglinœ. 
Sous Marc-Aurèle et Commode, c'est borillvs qui sou- 
tient avec éclat la réputation de Lezoux. J'ai découvert, 
dans un de ses fours, un grand bronze de Marc-Aurèle, 
soigneusement placé sous la principale pierre et portant 
la date de 176. 

Pendant les règnes des empereurs syriens appa- 
raissent, sur les acratophores, les déversoirs en tête de 
lion. C'est Septime Sévère qui met en honneur cet 
emblème, lequel personnifie , chez les Orientaux , la 

2 



- 10 - 



force et la puissance souveraines. La tête de lion ac- 
compagne et caractérise un ensemble de poteries de 
la décadence, beaucoup mieux que les noms peu sail- 
lants et trop nombreux des chefs d'officine. 

Vers 240, apparaît asiaticvs, dont j'ai exploré la 
somptueuse demeure, décorée de fresques, avec pan- 
neaux noirs ou rouges , couverts de guirlandes de 
roses, de fruits, pommes et raisins, tandis qu'on dis- 
tingue sur une bande inférieure des roseaux verts. 
Après asiaticvs, la décadence de la poterie rouge -moulée 
se précipite. Les vases de luxe sont bronzés, barbotinés 
de blanc et de noir et ornés de sujets estampés. 

Enfin, au moment delà destruction de Lezoux, on 
ne produit guère que des poteries bronzées , sans doute 
pour lutter avec la vaisselle métallique qui paraissait 
seule sur la table des riches. 

ESSAI DE CLASSIFICATION 

DES 

CÉRAMIQUES ARVERNO -ROMAINES 

RECUEILLIES EJST FABRIQUE 



I e DIVISION. — Céramiques communes, 
à pâte grossière..., Dolia. 

L'argile n'a été ni lavée , ni broyée , ni tamisée ; elle 
contient du sable et du mica. 

1 er EMBRANCHEMENT. — Céramiques de facture 
indigène ; poteries identiques aux poteries arvernes an- 



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tent ures à la fondation de Lezoux et postérieures à sa 
destruction; genres, classes, etc., pour mémoire. 

2 e KMBRANCHEMENT. — C. fabriquée en Arvernie, 
de 70 à 268 , mais par la main ou l'inspiration des 
potiers ou des doliaires étrangers. Galbe artistique. 

l rc Classe. — Pâtes nues, dépourvues d'engobe. — 
Engobe, subst. m., matière terreuse dont les potiers re- 
couvrent leur pâte pour en changer la couleur (Littré). 
L'engobe s'applique au pinceau ou par immersion dans 
une purée très fluide. 

1 er Genre. — Pâtes naturellement noires ou noi- 
râtres. 

2 e Genre. — Pâtes naturellement rougeâtres ou gris 
jaunâtre. 

A chacun de ces deux genres correspondent les es- 
pèces : amphores , tuyaux d'aqueducs , d'hypocaustes, 
etc., briques, tuiles antéfixes , motifs d'architecture, 
fûts de colonne, chapiteaux, frises, entablement (du 
temple d'Apollon à Lezoux, Ligonne). 

2 e Classe. — Pâtes engobées. 

1 er Genre. — Engobes blancs. Les espèces ci-dessus 
énumérées appartiennent aussi à ce genre. 

Quelle est la nature de l'engobe blanc ? Les spécia- 
listes nous l'apprendront sans doute. Quoique j'aie 
trouvé constamment des morceaux de kaolin, dont on 
ne connaît pas de gisement à moins de 30 kilomètres, 
dans les officines de poteries blanches, je ne peux que 
supposer son emploi dans des conditions et avec des 
procédés que j'ignore. Les matières premières qui ont 



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pu entrer dans la composition des pâtes et engobes 
blancs, et que j'ai récoltées à proximité, sont du quartz 
pilé, de la silice de diatomées, de la chaux, des os 
incinérés et surtout des noyaux fossiles de chaux sili- 
catée , provenant des calcaires marneux du pays. 

2 e Genre. — Engobes noirs , obtenus par des pro- 
cédés divers. 

3° Classe. — Pâtes noircies à l'enfumage. On pratique 
encore, aux environs de Lezoux, ce procédé, qui donne 
des résultats identiques à celui de l'époque romaine et 
même de l'époque antérieure. 

4 e Classe. — Pâtes diversement colorées, décorées en 
creux ou en relief de dessins géométriques simples et 
grossiers, de cordelettes , de zones rubanées et lignes 
droites, brisées, courbes, ondulées, en chapelet, perlées, 
mates et brunies, etc. 

2 e DIVISION. - Poteries de luxe, à pâtes 
fines lavées ou tamisées. 

La fabrication , qui a duré deux siècles , comporte 
deux embranchements qui se succèdent avec un léger 
chevauchement. 

1 er EMBRANCHEMENT. — Pâtes tendres. Elles 
durent de Vespasien à Hadrien (70-120). 

l re Classe. — Céramiques blanches. 

i Gr Genre. — C. entièrement en pâte blanche, affinée 
et lustrée par polissage. 

i re Espèce. — Figurines blanches, semblables à celles 
de l'Allier, mais qui en diffèrent, les valent et ont 
droit à leur autonomie. 



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2 e Espèce. — Moules de ces figurines. Il a existé en 
Auvergne des ateliers de figurines nombreux et consi- 
dérables. Un des plus habiles artistes, lorsqu'il est loin 
de l'Arvernie , a soin de signer ses œuvres : nattvs 
ar(vernvs). Il est bon que cette justice soit rendue à sa 
patrie, car, bien souvent, notre linge a été démarqué, 
et tout l'honneur attribué aux Boïens du Bourbonnais, 
qui n'étaient pas les suzerains , mais les clients des 
Arvernes. 

Parmi les fabriques arvernes, je citerai : à Clermont, 
celles de la rue Barnier et du quartier de Saint-André ; 
à Lezoux, j'ai recueilli un peu partout des moules et 
leurs produits. Je ne crois pas que les figurines blanches 
soient postérieures au règne de Trajan. 

3 e Espèce. — Pocula incisés, gravés à la gouge. 

<&° Espèce. — Moules de cratères, de gobelets et de 
patinse carénées. 

2 e Genre. — Cér. à pâte grisâtre ou rosée, revêtue 
d'engobes blancs lustrés ; de l'an 70 à 120. 

i re Espèce. — Figurines spéciales à Lezoux. 

2 e Espèce. — Moules à pâte grise, engobés de blanc. 

3° Espèce. — Ollae et coupes creuses en terre jaune, 
polie, à zone blanche lustrée, limitée par des zones ruba- 
nées violacées, ornée ou non de dessins ocreux bizarres. 
Je les ai signalés le premier (1). Ils présentent un rap- 
port étroit d'apparence et de parenté avec les vases 
peints trouvés par Schlieman dans l'antique Tyrinthe. 
J'ai découvert, à Lezoux, plusieurs fabriques qui étagent 

(1) Gazette archéologique de MM. de Wite et Fr. Lenormand, 
1882. — Vase peint , découvert à Lezoux. 



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leur production de Vespasien à Trajan. Parmi les vases 
de cette espèce trouvés dans la Loire, les uns sont en 
tous points semblables à ceux de Lezoux , les autres 
paraissent un peu plus anciens. 

4> e Espèce. — Lagènes , hydries , œnochoés , vases à 
verser, amphores, amphorisques, engobés de blanc par 
immersion. 

5 e Espèce. — Lagènes, hydries, etc., ut suprà, à 
engobe blanc, jaspés de rouge à l'éponge ou au pinceau. 

6 e Espèce. — Guttus, lagènes blancs, à filets orangés, 
trouvés en abondance au voisinage des sources miné- 
rales utilisées par les Romains, mais de date et de 
provenance encore indéterminées. 

7 e Espèce. — Poteries blanches plus grossières, am- 
phores, ollee, couvercles, mates, sans peintures. 

8 e Espèce. — Idem à peintures ocreuses, noires vio- 
lacées, mates et barbares. 

9 e Espèce. — Poterie blanchâtre , à barbotines blan- 
ches, linéaires et perlées. 

2 e Classe. — Gér. tendres , roses et rouges ocreuses , 
de 70 à 120. 

i eT Genre. — Gér. moulées, avec ornements délicats 
en faible relief; pâte terreuse, micacée, très perméable, 
forme généralement carénée ; frise ornée d'enroule- 
ments de fruits et feuillages de fantaisie ; panse à go- 
drons allongés, à entre-lacs ; scènes de gladiateurs, de 
chasse ; sujets mythologiques , parfois très sommaire- 
ment indiqués ou supérieurement traités, mais jamais 



- 15 — 

surmoulés. Plus rarement l'orme en bol, en cylindres, 
en cônes, généralement estampillées au centre intérieur. 

2° Genre. — G. tournées, roses ou teintées d'orangé, 
de rouge vif sur les deux faces. 

Espèce. — : Bols carénés, guillochés à la molette ; 
pocula, petites coupes coniques ou arrondies, à ressaut, 
à marli labié, barbotiné. 

2 e Espèce. — Patères unies et tournassées , à labrum 
barbotiné de fleurs de lotus. 

8 e Genre. ■ — Cl. peintes en rouge mat au dehors, 
nues au dedans, anépigraphes. — Espèces : lagènes, 
coupes, guttus. 

3 e Classe. — Gér. tendres, noires, toujours anépi- 
graphes , de 70 à 120. 

i ev Genre. — G. nues, sans décors moulés. 

1 GT Sous-Genre. — Pâte grise, noirâtre, rendues bril- 
lantes par polissage , en totalité ou par cordons. — 
Espèces : vases tournés, ouverts ou resserrés. 

2 e Sous-Genre. — Pâte noire, grise , sans engobe ni 
polissage. 

8 e Sous-Genre. — Pâte grise, noircie à l'enfumage , 
d'aspect plombaginé. 

A e Sous-Genre. — Pâte grise, teinte en noir mat, au 
pinceau ou par immersion. 

5 e Sous-Genre. — Pâte grise, à vernis noir brillant, 
semblable au marbre du plus beau poli. 

2 e Genre. — Gér. noires, ornées. 



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i™ Sous-Genre. Pâte grisé, moulée, à surface noire 
brillante ; ornements en relief semblables aux poteries 
du 1 er genre de la 2 e classe. — Espèces : patina 1 , lampes, 
gobelets, balsamaires. 

2° Sous-Genre. — Pâte grise ou rougeâtre, tournée, 
décorée d'ornements en relief moulés, estampés et dé- 
coupés, soudés à la barbotine . — Espèces : pocula misés. 
pastillés, gravés à la gouge, à la molette. 

La barbotine est une bouillie ou purée argileuse, plus 
épaisse que l'cngobc ,. servant à fixer des anses, des 
sujets découpés et de la même nature et couleur que 
ces pièces, ou bien de couleur variable et qui se dépo- 
sait sur le flanc des vases , au moyen d'un bec effilé , 
en filets et gouttelettes. Ce dernier procédé prend le 
nom de pastillage. Il y a des pastillés blancs sur noir, 
d'un puissant effet décoratif, et identiques à ceux qui 
ont été fabriqués à Corinthe, aux IIP et II e siècles avant 
notre ère. Les artistes pastilleurs de Lezoux, au III e 
siècle de l'ère chrétienne, possédaient une telle sûreté 
de main qu'ils réussissaient par ce moyen des animaux 
très reconnaissables : des chiens, des lièvres, des cerfs, 
des sangliers , et des enlacements délicats de vrilles et 
de feuillages. Je possède même une tête de Celte, à 
torques et longue chevelure , qui est la merveille du 
genre ; car elle réalise le type de certains statères 
gaulois et se rapproche surtout de celui de Yœs grave 
de Rimini. 

3 e Sous-Genre. — Pâte grise ou rougeâtre, à surface 
teinte, pastillée de lettres au pointillé , parfois décorée 
de barbotine blanche, étendue au pinceau. 

4 e Classe. — Pâtes tendres : poteries noires à lustre 
métallique (Trajan, Hadrien). L'éclat de leur lustre 



— 17 — 



est moins réussi que celui dos poteries du III e siècle, 
mais elles en diffèrent par la pâte-support, qui est 
moins dure, et la disposition décorative. Cependant, les 
sujets estampés des deux époques se confondent dans 
une véritable parenté. Anépigraphes. 

i eT Genre. — Pâtes nues , à lustre métallique qui 
n'est jamais aussi brillant que celui du IIP siècle. 

i rc Espèce. — Unies. Pocula, petites urnes, coupes, 
etc. 

2° Esp>èce. — Pocula à flancs plissés , en godrons 
creux, allongés. 

2° Genre. — Pâtes simplement décorées de lignes et 
rubans circulaires, incisés à la molette. 

3 G Genre. — Pâtes sablées , c'est-à-dire criblées de 
grains siliceux , que l'enduit coloré a fait adhérer à 
toute la surface extérieure ; c'était à la fois un genre 
d'ornementation et un moyen de faciliter la préhension 
du vase. 

i vc Espèce. — Décor employé sur pocula , tripus. 

4> G Genre. — Pâte à barbotine monochrome , dé- 
posée probablement avec le bec d'une plume ou d'un 
roseau obliquement coupé. Les barbotines blanches 
sur fond métallique sont clu III e siècle. 

i cv Sous-Genre. — Barbotine à double baguette ou 
filets parallèles, droits, obliques, croisés. — Espèce : 
pocula tournassés. 

2 e Sous-Genre. — Gouttes de barbotine , circulaires 
et ovales, alignées et empilées. — Espèces : pocula 
unis et plissés. 



— -18 — 



5 e Genre. — Poteries ornées de sujets estampés. 

d TC Espèce. — Cratères ansés , décorés des superbes 
médaillons-appliques de libertvs : têtes de satyres et 
autres, scènes érotiques et diverses. 

2 e Espèce. — Lampes avec area ornée, etc. 

6 e Genre. — Combinaisons variées des genres déco- 
ratifs ci-dessus. 

5° Classe. — Pâte nue, jaune, polie, non . ornée, 
anépigraphe. Genres et espèces analogues à ceux de la 
classe l re . 

6 e Classe. — Pâte nue, moins fine que la précédente, 
blonde, frottée de mica, anépigraphe, tournée. 

i vc Espèce. — Argentée au mica blanc. 

2 e Espèce. — Dorée au mica jaune. 

Les patères de cette classe sont profondes. Elles sont 
munies d'anses moulées sur le modèle de certaines 
anses de verre ou de métal. 

7 e Classe. — Poteries à couverte, plornbifère. 

Ce sont encore des pâtes tendres, quoique un peu 
plus dures que celles précédemment décrites. Elles ne 
sont pas non plus totalement imperméables, leur cou- 
verte plombique n'étant pas assez épaisse ; mais les 
gens du métier savent que certaines argiles , et c'est le 
cas des nôtres , absorbent une forte part de la prépa- 
ration plombique et ne conservent qu'une glaçure 
imparfaite. Je les classe aussi parmi les pâtes tendres 
pour tenir compte de leur synchronisme. Elles dispa- 
raissent de Lczonx vers l'an 120, au moment où s'ouvre 



— 19 — 



définitivement la seconde période , celle des poteries 
rouges. 

On ne connaissait jusqu'à ce jour que deux centres 
de fabrication des poteries plombiques, au I er siècle de 
notre ère : Tarse , en Gilicie , et encore , d'après M. Fr. 
Lenormand, ce genre de terres suites n'est-il pas sorti 
d'Asie-Mineure ; et Alexandrie d'Egypte, qui a exporté 
des pièces abondantes, mais inférieures. J'ai reconnu, 
dans ces derniers temps, avec certitude, que Lezoux 
avait possédé des fabriques de ce genre. Il ne manquait 
que ce laurier à notre métropole arverne. 

Je n'insisterai guère sur cette classe céramique, mes 
trouvailles ayant besoin d'être complétées et M. H. -A. 
Mazard ayant publié un relevé très détaillé des terres 
cuites antiques à glaçures plombifères. Je me bornerai, 
jusqu'à plus ample informé , à dire que les nombreux 
échantillons de cette sorte, dispersés et retrouvés sur 
tous les points de la Gaule, proviennent sans doute 
de Lezoux. Anépigraphes. 

i GT Genre. — Pâte blanche , identique à celle des 
figurines. 

i GV Sous-Genre. — Glaçure jaune, ou verte, ou brune. 

2 e Sous-Genre. — Glaçure polychrome. 

3° Sous-Genre. — Pâtes ornées de reliefs moulés , 
estampés, barbotinés. 

S Genre. — Pâte grise ou rosée. 

Trois sous-genres variés comme ci-dessus. 

8 e Classe. — Gér. dure, rouge vif, lustrée et jaune. 

N'ayant pas trouvé de fabrique de cette belle poterie 



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en Auvergne , je la crois importée. Je dois la signaler 
ici , en respectant l'ordre chronologique plut < M que 
l'ordre précédemment adopté, parce qu'elle se, montre 
partout en abondance, à l'état de poteries de consom- 
mation, et que, sauf la nature de la pâte, elle est 
identique sous tous les rapports à la céramique de la 
2° classe, qu'elle accompagne fréquemment dans les 
mêmes couches stratifiées de débris. Les signes diffé- 
rentiels épigraphiques sont très tranchés. Ou bien on 
observe des capitales irréprochables sur estampilles à 
un ou deux registres , ou bien une écriture difficile à 
lire et à interpréter, indiquée par des hastes droites, 
sans apex, presque sans boucles et lignes courbes. La 
pâte est rendue aussi imperméable qu'on peut le sou- 
haiter, par un vernis d'épaisseur notable, qui s'écaille 
parfois , opaque et vraiment vitrifié. Par sa couleur 
rouge cire à cacheter, brillante et quelquefois jaune 
citron, il l'emporte sur toutes les couvertes de cette 
espèce. 

J'ai dit que je n'avais pas observé cette céramique 
en Auvergne à l'état de débris de fabrication. D'après 
les précieux renseignements que je dois à l'obligeance 
de M. l'abbé Cérès, l'heureux explorateur des officines 
du Lot et de l'Aveyron, Milhau, Montans, Banassac, La 
Grosfesencque, elle me paraît provenir de ces régions. 
Ce sont évidemment leurs qualités exceptionnelles qui 
ont permis à ces produits de venir faire une concur- 
rence redoutable à nos potiers , jusque chez eux. Il est 
possible encore que quelques pièces nous soient arrivées 
d'Italie. 

i CT Genre. — Gér. rouge vif, lustrée, monochrome. 
2 e Genre. — Gér. à vernis dickrome, de nature in- 



— 21 — 



déterminée, peut-être plombique, rouge semé de gout- 
telettes jaunes. 

S' Genre. — Gér. à vernis dichrome comme le pré- 
cédent, niais jaune, semé de gouttelettes rouges. 

J'ai observé des fragments de ces deux dernières 
familles , à Glermont , chez un marchand. 

Les trois genres de cette classe ont des subdivisions 
spécifiques, identiques entre elles et avec le 1 er genre 
de la 2 e classe. Les poteries tournées sont très analogues 
à relies du 2 e genre de la même classe. 

9 e Classe. — Cér. tendres, orangées, de la transition. 

La couleur délicate de ces céramiques peu cuites 
s'altère à la moindre chaleur. Couverte un peu mate et 
savonneuse au toucher. 

i eT Genre. — Yases ornés, moulés, rarement carénés. 
Mêmes caractères généraux que ceux du 1 er genre des 
2 e et 8 e classes , mais ne sont jamais estampillés au 
centre intérieur, sont presque toujours anonymes et se 
rapprochent par leur ornementation des vases moulés 
rouges du temps d'Antonin. 

2 e Genre. — Yases unis, tournés. 

i TQ Espèce. — Patères umbonées. 

2 e Espèce. — Patères légèrement creuses , anépi- 
graphes. à bord labié, semé de gouttes de barbotine 
figurant la fleur de lotus. 

L'importance de la division des pâtes tendres et des 
pâtes dures m'engage à résumer et à opposer les traits 
essentiels qui les séparent, à quatre points de vue. 



— n — 



CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS 

DES 

POTERIES DE LUXE DE LA l re ET DE LA 2 f PERIODES 



1° Nature de la pâte. 

Pâtes tendres de la 4™ période. — Non vitrifiées , 
peu cuites , très perméables , cassure terne, terreuse, 
grenue ou fibreuse et lamellaire. Parcelles de mica in- 
diquant que l'argile n'a pas été affinée par le lavage. 
Porosité excessive , qui a fait supposer une seconde 
cuisson éventuelle. Couleur rose, orangée, jaunâtre, 
chocolat, grise, noire ou blanche. Pâte nue ou revêtue 
d'enduits cuits, mais non vitrifiés, variés d'aspect et de 
couleur comme la pâte : rouge d'ocre mat, rose orangés 
vif, blancs, noirs. 

Pâtes dures de la 2 e période. — A demi-vitrifîés , 
beaucoup moins perméables. L'absence de lamelles de 
mica et de corps étrangers montre que l'argile a été 
affinée par le broyage plutôt que par le lavage. Plus 
la pâte est dense , vivement colorée , sonore et com- 
pacte, plus elle est voisine de la période initiale des 
poteries rouges. Cassure nette et semi-vitreuse. Dans 
les poteries à reflets métalliques, plus le lustre est bril- 
lant et réussi, plus la poterie se rapproche de l'époque 
terminale. Pâtes revêtues de vernis opaque, variant 
du rouge brillant, cire à cacheter au début , au rouge 
orangé pâle, fin de la période. 

2° Formes et décors. 

Pâtes tendres. — Les formes sont, avant tout, artis- 



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tiques et harmonieuses. A l'inverse de ce qu'on verra 
plus tard, l'artiste tourneur donne le pas à ces qua- 
lités sur la capacité et sur l'utilité de l'objet. L'orne- 
mentation est élégante et sobre. Le caractère dominant 
de la composition est la beauté dans la simplicité. Les 
patina?, grands vases à ornements moulés, sont géné- 
ralement en forme de carène. Décors élégants obtenus 
avec un petit nombre de poinçons. A cette époque, le 
surmoulage n'est pas employé ; on n'assiste pas à la 
décadence des plus beaux types. Panses revêtues de 
godrons allongés , d'enroulements gracieux , de mé- 
daillons avec scènes de gladiateurs, d'animaux à allures 
héraldiques. Frises variées à rinceaux, imbrications de 
feuilles, etc., relevées de cordons perlés et de guillo- 
chis. Limbe finement labié. Les nombreuses variétés 
non décorées de sujets en relief ont des galbes savants 
et étudiés pour le plaisir des yeux. 

Pâtes dures. — Devant la nécessité industrielle de 
produire vite et beaucoup , l'art s'efface et passe au 
second rang. L'ornementation des vases ornés s'alour- 
dit, se surcharge de remplissages, malgré la beauté de 
certains poinçons. Ceux qui composent l'ornementation 
des moules ne sont pas les créateurs des types, puis- 
qu'ils ne savent pas les disposer. Les patina} ont le 
profil hémisphérique et lourd de nos bols. Parfois , 
cependant, ils sont cylindriques ou coniques, mais 
toujours surchargés de compartiments géométriques , 
droits ou courbes. Les personnages découpés ailleurs, 
sans raison, quelquefois empruntés à des scènes déjà 
connues, sont éloignés, retournés, renversés, juxta- 
posés , sans motifs plausibles. 

Frises d'oves uniformes, marly droit, cylindrique, 



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uni , renforcé d'un cordon au niveau du limbe. Les 
variétés non ornées ont des profils moins agréables , 
mais calculés au point de vue utilitaire : rapidité et 
facilité d'exécution, solidité, contenance maximum. 
Les variétés de luxe sont rares, peu nombreuses. Vers 
220 seulement, une renaissance s'opère ; les barbo Lines 
se montrent en même temps que les grands sujets es- 
tampés, les pâtes incuses, c'est-à-dire entamées et gravées 
à la gouge, et surtout le lustre métallique réapparaît, 
mais cette fois dans toute sa splendeur. 

3° Procédés de fabrication et de cuisson. 

Pâtes tendres. — Les vases moulés sont tournassés 
après demi-dessication. Le pied, pris dans la masse, 
est raboté avec un instrument-profil qui diffère dans 
chaque officine. Marly court, oblong, évasé, terminé 
sur le tour, finement guilloché. Les pâtes tendres cor- 
respondent à une chaleur de cuisson minimum. Les 
fourneaux sont toujours ronds ou légèrement ovales, 
supportant un seul récipient à poteries, à l'abri de la 
flamme et de la fumée. Alandier simple ou double , 
ogival ou plein cintre, très court de 0™50 à l m , peu 
élevé. Combinaisons variées des distributions de chaleur 
par plusieurs conduits étanches circulant dans la masse 
et au pourtour. 

Pâtes dures. — Les vases à ornements moulés sont 
complétés sur le tour par un marly vertical, large, et 
un limbe à cordon de renforcement demi-cylindrique. 
La rondelle du fond , grossièrement façonnée , est fixée 
après coup à la barbotine, et n'est pas dégrossie par un 
tournassage. Aux pâtes dures correspond une cuisson 



— 25 - 

plus complète, sans doule par chaleur plus intense et 
plus prolongée, qui produit un commencement de vi- 
trification. Alandier parfois précédé d'une chambre à 
feu et terminé par une vanne-registre verticale, réglant 
le tirage. L'alandier lui-même est très long, de trois à 
six mètres, en forme de canal à voûte plate, suppor- 
tant ou bien un seul et grand récipient à poteries, ou 
bien de quatre à huit petites cavités, contiguës, en 
ligne, indépendantes, traversées chacune par un conduit 
unique de chaleur. Dans ce cas, le feu est continu, mais 
il est annulé ou réglé dans chaque réceptacle au moyen 
de bouchons pleins ou perforés, placés à l'orifice du 
tuyau de chaleur. Il arrive aussi que la poterie rouge 
est cuite dans de grands fours carrés, analogues à ceux 
qui servent à obtenir le lustre métallique. On voit aussi 
de très grands fours ronds, desservis par deux alandiers 
très allongés. Quelle que soit la forme du four, l'im- 
portant, pour toute espèce de poteries, était d'atténuer 
les coups de feu et d'obtenir une chaleur prolongée et 
régulière. 

4° Épigraphie. 

Pâtes tendres. — Écriture à hastes déliées, terminées 
en pointes non arrêtées, ou par des boutons arrondis. 
Ligatures nettes et fréquentes. Estampilles courtes im- 
pliquant des abréviations, souvent à plusieurs mots et à 
deux registres. Nominatifs fréquents. Le mot officina 
ou ses abréviations précède le nom du fabricant , 
jusqu'au milieu du règne de Trajan. Rare au début, 
cette désignation est commune à l'époque de la tran- 
sition. Les vases ornés sont ou bien anonymes, ou bien 
marqués au centre intérieur du nom du tourneur. 



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Rarement, ils portent en petites lettres le nom du fa- 
bricant de moules ou du chef d'officine, et jamais en 
grandes lettres capitales. 

Pâtes dures. — Écriture plus grasse , en général 
moins correcte. Hastes régulières et barrées aux extré- 
mités. Ligatures plus rares, moins compliquées, moins 
variées. Estampille à un seul registre, constituée par le 
cognomen au génitif, suivi de m pour manv, de o, of, 
etc., pour opvs, officina. Sauf pour libertvs, le premier 
fabricant arverne de poteries rouges dures, qui pénètre 
dans la première période , l'abréviation of suit le nom 
du fabricant au lieu de le précéder. 

Enfin, les vases ornés ne portent parmi les ornements, 
sauf une ou deux exceptions, que le nom du fabricant 
de moules qui peut être en même temps chef d'officine 
en réputation-, et, dans ce cas, se voit en relief, sur 
cartouche saillant. Sous le règne d'Antonin, l'v Arverne 
est caractéristique. La première haste est courbée en 
forme de c. La seconde est verticale. 

2 e EMBRANCHEMENT. Pâtes dures. — S'étendent 
de Hadrien à Posthumus, 120-268. 

l re Classe. — Cér. rouges commîmes (voir aux car. 
différentiels). 

i cv Genre. — C. moulées , ornées ; ligne d'oves 
banale. 

i™ Espèce. — Formes de bols , de cylindres , de 
gobelets. 

2 e Espèce. — Pocula terminés sur le tour par une 
ouverture étroite, à parois tournassées. 



— 27 — 



Ginnamvs , maître fabricant de moules, qui vit à 
Lezoux d'Antonin à Commode , importe ou crée des 
poinçons nouveaux ; mais cet apport artistique est le 
dernier. Les contrefacteurs s'arrachent ces types et les 
épuisent à force de les surmouler. Dès la fin des em- 
pereurs syriens, les céramiques ornées et moulées qui 
occupaient la place d'honneur parmi les vases de luxe, 
déclinent et tombent au rang des céramiques gros- 
sières. On ne compte plus sur leurs reliefs avilis pour 
tenter le consommateur, mais sur le lustre bronzé qui 
les change à lui seul en objets précieux. 

3° Espèce. — Plateaux en forme de parallélogrammes, 
avec bord horizontal moulé. 

2 e Genre. — Cér. tournées, sans décors. 

i ve Espèce. — Patères umbonées, à bords obliques ou 
droits, estampillées, à bords évasés à ourlet dressé ou 
rabattu, marquées d'une rosace. 

2 e Espèce. — Coupes coniques, à ressaut, estampillées. 

3° Espèce. — Coupes marquées d'une rose , à bords 
évasés, avec limbe à ourlet vertical, rabattu ou dressé. 

4-° Espèce. — Coupes en bol nues, anépigraphes, avec 
ou sans filets creux. 

5 e Espèce. — Coupes-patères hémisphériques , de 
grande et petite dimension, entourées à mi-hauteur d'un 
rebord en collerette, foliacé, labié ou horizontal, utile 
à la décoration , à l'empilement et à la préhension. 
Estampilles. 



6 e Espèce. ^-Pocul a cylindriques, ovoïdes, globuleux. 



— 28 — 

3 e Genre. — Cér. rouges, tournées, décorées. 

Sous-Genre. — Cor. incuses. Espèces identiques 
à celles du 2° sous-genre des poteries bronzées. 

2 e Sous-Genre. — Cér. barbotinées. 

i T0 Espèce. — Patères à fleurs de lotus toujours ané- 
pigraphes, à collerette droite, courbe ou à une seule 
lèvre horizontale. 

2 e Espèce. — Pocula rouges ovoïdes, hémisphériques, 
à rinceaux chargés de gouttes figurant des fleurs et 
fruits de fantaisie, parfois même des chasses, des ani- 
maux, des personnages. 

3° Espèce. — Acratophores à fond rugueux, sablé, à 
déversoirs en tête de lion fixés sur marly barbotiné, 
droit et mouluré. 

4? e Espèce. — Patère, cratère, simpulum et autres 
formes céramiques décorées à la barbotinc pastillée 
monochrome. 

5 e Espèce. — Pocula, avec inscriptions et décors au 
pointillé en barbotiné blanche.' — Acratophores à fond 
rugueux, à déversoir -en forme de rostre, évasés, ornés 
au dehors de rubans évidés. 

3 e Sous-Genre. — Cér. rouges estampées. Détails et 
espèces identiques au 3 e sous-genre ; bronzées, estam- 
pées du 3 e genre de la 3 e classe. 

2 e Classe. — Cér. jaspées, rouge camaïeu sur fond 
pâle. 

i Gr Genre. — - Cér. tournées. 



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4 re Espèce. — Bois nus entourés à mi-hauteur d'un 
cordon saillant. 

2 e Espèce. — Acratophores à fond rugueux et sablé 
à marly mouluré. 

3 e Classe. — Cér. à lustre métallique du III e siècle. 

\ er Genre. — Cér. moulées, ornées. 

i re Espèce. — Patinae. 

2 e Espèce. — Pocula globuleux, à zone inférieure 
moulée. La partie supérieure est tournée et tournassée. 
Le raccord masqué par des cordons molettes. L'ouver- 
ture supérieure est presque aussi étroite que le pied ; 
elle est labiée avec limbe aminci. 

3 e Espèce. — Plateaux ovales, circulaires, carré- 
longs, avec ou sans ornement central intérieur moulé 
ou estampé. — Rebord horizontal souvent ansé, décoré 
de sujets en relief, moulés ou estampés. — Ces formes 
sont fréquemment calquées sur les vaisselles métal- 
liques. 

£ e Espèce. — Anses de simpulum moulées, ornées, 
copiées sur des ouvrages de verriers et d'orfèvres. 

5 e Espèce. — Lampes, balsamaires, céramiques de 
fantaisie. 

2'- Genre. — Cér. bronzées, tournées, non ornées. 

i re Espèce. — Coupes et patères à bords évasés, 
limbe en ourlet dressé ou rabattu, avec rosace estam- 
pillée au centre intérieur. Petites coupes hémisphé- 
riques, à ressaut extérieur et ouverture rétrécie. 

2 e Espèce. — Acratophores à tête de lion, III e siècle. 



- 30 - 



3' Genre. — Cér. bronzées, tournées, décorées. 

1 er Sous-genre. — Bronzées, barbotinècs, III e siècle. 
Cinq espèces identiques à celles du deuxième sous- 
genre des cér. rouges barbotinées. 

2 e Sous-Genre. — Cér. bronzées, incuses, 11° au 
III e siècle. La poterie, à demi-séchée, est attaquée à 
l'ébauchoir, ou avec un autre instrument, burin ou 
gouge tranchante. Des copeaux sont enlevés d'un seul 
coup, avec une sûreté de main prodigieuse, et des 
décors en creux, extraordinaires, et d'un goût très-fin, 
naissent sous les doigts de l'artiste qui perdrait la pièce 
par une seule fausse manœuvre. 

i rc Espèce. — Pocula ornés de guirlandes, de feuil- 
lages, d'ornements de fantaisie, même d'animaux, de 
personnages. 

2 e Espèce. — Marlys de patères plates, incus. 

S' Espèce. — Zone cylindrique des acratophores à 
têtes de lion, décorés à la manière incuse, avec vrilles 
et retouches très fines à la pointe sèche. 

8 e Sous-Genre. — Cér. bronzées, estampées, III e 
siècle. On emploie des moules très beaux avec grands 
sujets héroïques ou mythologiques. On voit revivre 
aussi quelques beaux médaillons de libertvs, empruntés 
au prédécesseur par des fouilleurs de débris. Le sujet 
estampé, c'est-à-dire découpé comme par un emporte- 
pièce, est fixé à la barbotine sur les flancs de vases 
tournés. 

i re Espèce. — Pocula estampés. 

% e Espèce. — Acratophores estampés. 



4?' Sous-Genre. — Décors mixtes : tous ces procédés 
décoratifs peuvent être plus ou moins combinés sur le 
même vase. 

Cette classification n'est pas définitive. Elle laisse une 
large porte ouverte aux trouvailles de l'avenir. Elle 
sera d'abord améliorée pour nos pays ; plus tard, on 
verra s'il n'est pas utile de l'étendre à d'autres régions. 

La nature de la pâte, la forme et l'ornementation des 
moules et autres instruments de fabrication, inter- 
viennent peu dans cet essai de classement méthodique. 
On ne les observe guère qu'en fabrique, et à vrai dire 
ils n'offrent pas un moyen bien parfait de description 
différentielle. Je n'en dirai pas autant des marques de 
potiers, qui sont l'instrument par excellence de la défi- 
nition des poteries gallo-romaines, et j'aurai bientôt 
l'occasion d'en donner la preuve, en décrivant les Fi- 
glînœ des Martres de Veyre et en publiant un catalogue 
de 3,500 noms de potiers recueillis dans les officines 
arvernes. 



ERRATA 



P. g, 3 e ligue, au lieu de : leurs œuvres de ses prédécesseurs, il faut lire : 
les œuvres de leurs prédécesseurs. 

P. 6, 3 e ligne, au lieu de : à un total cinquante fois, i7 faut lire : à un total 
fabriqué cinquante. 

P. 1), ligne 19, supprimer la parenthèse. 

P. 12, ligne 8, au lieu de: 3 e classe, i7 faut lire: 3 e genre. 

P. 12, ligne 12, au lieu de: 4 e classe, i7 faut lire: 3 e classe. 

P. 13, ligne 13, au lieu (te: Je ne crois pas que les figurines blanches 
soient postérieures au règne de Trajan, il faut lire : La fabrication des figurines 
blanches a duré autant que celle des poteries de luxe. 



Cacn, Imp. H. Oetesquos.